Vania, danseuse professionnelle, fondatrice de l’association de transformation sociale D1

Ballerine classique depuis l’âge de 6 ans, la musique et la danse ont toujours fait parti dans la vie de Vania. Sa passion pour la danse couplée à son intérêt pour l’entreprenariat l’ont amené à s’interroger sur les défis que traverse son pays : éducation, violence, identité culturelle. Selon elle, “on ne peut résoudre l’ensemble de ces problématiques par plus de contrôle des autorités”. Elle a ainsi créé D1 Asociacion Cultural qui a pour but de de repenser l’éducation en mettant l’art, et plus précisément la danse, au coeur de celle-ci.

Comment passer du rêve d’intégrer la danse à l’éducation des jeunes de son pays à une institution organisée ?

Vania a décidé d’opérer un virage dans sa carrière à l’âge de 25 ans. Ce fût dans un premier temps une démarche très personnelle, un rêve auquel personne ne croyait : transformer l’éducation de son pays et lutter contre la délinquance juvénile à travers la danse. Une folie, une utopie, un rêve impossible pour beaucoup. Mais elle ne s’est pas découragée. Vania a résolu problématiques après problématiques et les a transformé en une véritable opportunité.

Son rêve solitaire s’est ensuite transformé en un rêve collectif. Elle s’est entourée de jeunes talentueux qui n’avaient pas l’opportunité de s’exprimer au sein de leur propre pays. Elle les a formé, les a fait grandir. Ils ont constitué la force vive de son projet et font aujourd’hui parti de l’équipe de D1. En effet, 80% des cours sont donnés par des jeunes issus du programme social. En rassemblant des gens autour de son projet, elle l’a fait grandir, l’a crédibilisé.

Ecole de danse D1 Lima

Vient ensuite l’étape de l’organisation, de la création et de la consolidation de l’institution en tant que telle. Vania a imaginé un business model qui lui permet d’autofinancer son programme social à hauteur de 80%. Un modèle hybride constitué d’écoles privées qui financent les 12 espaces de prévention contre la délinquance dans les zones difficiles de Lima. Une productrice a également rejoint le projet. Elle gère une compagnie de danse qui performe dans le monde entier, de New York à Londres. Les représentations permettent de financer le programme social et symbolise un Pérou moderne et fier de sa culture.

Vania a développé une méthodologie de développement personnel unique : l’accompagnement communautaire à travers la danse. Il s’agit d’un programme de formation basé sur les émotions, qui permet de rencontrer son “Yo” (le moi intérieur) avant de commencer l’apprentissage technique d’une discipline artistique. Mieux se connaître afin d’exprimer de façon plus forte ses émotions à travers les mouvements de son corps.

« Nous devons entreprendre. Nous ne pouvons pas nous contenter de ce qu’il se passe dans le monde et de ce qui est déjà fait. Car aujourd’hui, avec les connaissances que nous avons, nous sommes tout à fait capables de pouvoir changer le monde à notre échelle. Si chaque personne agit à son échelle, nous pouvons faire une grande différence. Et ne pas laisser les géants d’aujourd’hui venir et détruire ce que nous faisons. Il faut donc croire en soi-même, avoir un rêve, vivre sa vie intensément et être quelqu’un qui nous plaît parce que le temps passe vite. »

Pour aller plus loin

Retrouvez Vania et ses étudiants sur le site de l’association et sur Facebook

2017-06-23T01:28:40+00:00 23 juin 2017|Artistique, Pérou, Social|