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Didi, yogi et fondatrice de l’association Amurtel Greece

À Athènes, dans un quartier particulièrement touché par les crises migratoires récentes, Didi a installé son association Amurtel Greece qui aide les mères réfugiées pendant leur maternité. Une rencontre pleine de générosité.

Un projet initialement mobile qui s’est progressivement sédentarisé

Quelques femmes à côté de poussettes ou portant des enfants dans les bras discutent devant un immeuble de la place Victoria à Athènes. D’autres en poussent la porte et montent les marches. Leur présence ici n’est pas un hasard. Ce sont des femmes réfugiées en Grèce qui acceptent l’aide proposée par l’association Amurtel Greece, créée en 2015 par Didi.

“Avant de nous installer au coeur d’Athènes, nous sommes intervenues auprès des femmes et des enfants qui vivaient dans les camps” explique cette dernière. Grâce à ces contacts, elle a réussi à mobiliser des sages-femmes et des conseillères en allaitement qui ont apporté leur aide et leur expertise bénévolement.
Depuis mai 2017, Amurtel Greece est installée dans un appartement dans lequel les femmes viennent depuis les camps de réfugiés de proximité mais aussi depuis les logements urbains. 44 nationalités y sont représentées, « la plupart des femmes [venant] de Syrie, d’Afghanistan, d’Irak, d’Iran, de Palestine et du continent africain ». «Nos portes sont, bien sur, aussi ouvertes aux femmes grecques », précise Didi.

Dans l'atelier de Wekoffee

Un centre géré par et pour les femmes

Lorsqu’il s’agit de sujets comme l’accouchement ou l’allaitement, être entre femmes est essentiel : “on se connaît, se comprend et il est plus simple d’échanger”. Beaucoup d’entre elles n’ont pas eu la possibilité d’apprendre le fonctionnement de leur corps ou de se renseigner sur l’accouchement et l’allaitement. “Elles pensent ne pas avoir suffisamment de lait et que ce dernier n’est pas de bonne qualité. Ce n’est souvent pas le cas, mais elles ont besoin d’aide et d’accompagnement pour changer cette opinion”. Les groupes de discussion et le soutien de spécialistes viennent alors leur apporter les informations nécessaires et les rassurer pendant cette période particulièrement « vulnérable de la vie d’un être vivant ». En quittant leur pays, ces femmes perdent généralement leur entourage féminin qui les soutient lors de leur maternité. Le centre leur permet donc de recréer une communauté et d’être moins touchées par l’isolement.

Bien que cet espace soit pensé par les femmes pour les femmes, la question de la place des pères reste une préoccupation. Pendant la première année d’action d’Amurtel Greece, ces derniers étaient présents pour les examens médicaux et accompagnaient leurs femmes et enfants. Les femmes n’étaient cependant pas totalement à l’aise et ne s’ouvraient réellement qu’une fois seules. Les pères ont donc été de moins en moins inclus.

Un futur plein d’idées mais incertain

Bien que le financement de l’association soit aujourd’hui au centre des préoccupations, Didi imagine de nombreuses choses pour le futur. Depuis peu, les bénévoles ont recommencé leurs actions sur le terrain en allant examiner et accompagner les femmes dans les camps. Elle aimerait donc augmenter ces actions afin de venir en aide à toujours plus de femmes.

Didi souhaite également développer de nouvelles actions, notamment à destination des femmes qui souffrent de violences. Pour cela, il est nécessaire de s’entourer de psychologues, ce qu’elle espère pouvoir mettre en place sur le long terme.

Enfin, l’émancipation des femmes est l’essence même d’Amurtel Greece. Didi souhaite que dans les deux prochaines années, “plus de ces femmes intègrent et gèrent l’association” et ainsi faire en sorte que le centre soit réellement fait pour elles, et par elles.

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2019-04-19T09:02:42+00:00 29 mars 2019|Grèce, Social|