Vous êtes ici : Accueil » Environnement » Sasha, gérante de Na Kôpke, magasin vrac, zéro-déchet

Sasha, gérante de Na Kôpke, magasin vrac, zéro-déchet

Sasha a ouvert une boutique alimentaire vrac et zéro-déchet, la première du genre à Košice il y a un an. Elle essaye de se fournir avec des produits au maximum issus du territoire Slovaque, vendu en vrac, sans plastique. Pâtes, riz, légumes secs, graines, fruits séchés sont proposés dans sa minuscule mais très conviviale boutique.

Un besoin urgent de se libérer du plastique

1er jour à Košice (à prononcer « Kochitsé »). Sur notre trajet pour aller dans un bar, nous déambulons dans les rues résidentielles de la ville. Un petit parc. Un coin de rue quelconque. Quelconque ? Pas tant que ça. Une large vitrine a attiré notre regard et a parfaitement joué son rôle de devanture de boutique. La gérante ? Sasha, une slovaque ayant souvent vécu à l’étranger (père diplomate et de nombreux voyages). C’est justement au cours de ses voyages que son aversion pour le plastique a fait son apparition. Dans certains pays, et notamment en Inde, il n’y a pas de poubelles, pas de collecte des ordures. Et même dans les pays Européens on peut trouver des ordures à même le sol. C’est à Barcelone en Espagne, qu’elle s’est inspirée des boutiques de vrac et en revenant s’installer en Slovaquie il y a 3 ans, elle a décidé d’ouvrir sa propre boutique alimentaire zéro-déchet de vrac.

Une boutique minuscule mais de grands espoirs

Son magasin a mis un an pour ouvrir. Les autorités de la chambre de commerce n’y croyaient pas alors que de tels magasins existaient déjà à Bratislava, la capitale. Cela a bien pris 6 mois pour convaincre l’administration pour obtenir les autorisations commerciales. Puis il a fallu trouver un lieu. Elle a finalement aménagé sa boutique dans un minuscule local.

Son initiative a tout de suite rencontré un large succès. En effet, nombreux sont les gens qui pensent comme elle mais qui ne savent pas comme s’y prendre. En Slovaquie il est tout à fait possible de faire le tri des déchets, mais produire moins de déchets est une autre étape en particulier lorsque les supermarchés ne proposent que des produits emballés et suremballés de plastique.

Chez Na Kôpke, on peut désormais trouver des pâtes, du riz, des épices, des noix, des fruits séchés, des légumes secs (pois, lentilles), des biscuits … « Malheureusement on ne trouve pas tous les produits en Slovaquie. Et le plus frustrant c’est que les produits qui sont bel et bien cultivés en Slovaquie, sont quasiment tous exportés. Et le plus absurde, c’est qu’on importe ces même types de produits, mais venant de l’étranger… ». C’est la mondialisation.

Tout le monde s’y retrouve

Par ailleurs, Sasha veut que sa boutique soit un lieu de rencontre convivial. Les supermarchés n’ont pas d’âme, sont très impersonnels, il n’y a aucune relation entre acheteur et vendeur. À Na Kôpke, ce n’est pas le cas. Sasha connaît tous ses produits et oriente facilement les clients vers ce dont ils ont besoin. Un échange se créer ! Une discussion, des idées de recettes, des partages de nouveaux fournisseurs qu’elle ne connaît pas forcément. Son local est devenu un point de rendez vous pour les consommateurs.

Non content de satisfaire la demande des clients qui recherchent ce genre de magasin, elle a pu sensibiliser les personnes du quartier qui sont moins aisés. Étant donné qu’il est possible d’acheter des produits au gramme, les petits budgets s’y retrouvent aussi.

A force de sensibilisation, Sasha a réussi à persuader les clients les plus avertis d’amener leurs propres contenants (sachets papier, boîtes, leurs bocaux ou leurs sacs en tissus). Sinon il y a toujours les sacs en papier que Sasha met à disposition. De plus, elle a réussi à convaincre la moitié de ses fournisseurs en 1 an de ne plus utiliser des emballages à usage unique. Elle reçoit désormais certains de ses produits dans des sac en papiers cartonné, ou dans des contenants réutilisables (boîte, caisse, bocaux…). Certes cela demande un peu plus de logistique, c’est plus encombrant que les sac plastiques, mais moins polluant, et plus économique sur le long terme.

Un concept qui n’est pas nouveau

Le magasin de Sasha n’est pas une idée novatrice. Le concept de magasin zéro-déchets existe dans plein de pays déjà. « Il y a 50 ans, les sacs plastiques n’existaient pas. Nos parents et nos grands-parents allaient au marché ou dans les commerces de quartier avec leur panier tressé ou en osier. C’était une habitude. Les supermarchés et les sac plastiques ont complètement bouleversé ces habitudes. Aujourd’hui les emballages et les sacs plastiques sont partout en parti dû à la mondialisation et les gens qui courent après le temps. Mais ce n’est pas ce que je veux transmettre. Je suis plutôt partisane du minimalisme et de la simplicité. C’est pourquoi je ne veux pas agrandir mon magasin, ni en faire quelque chose de plus commercial ».

Elle n’a pas l’intention de développer son activité plus que ça. En revanche, elle souhaiterait sensibiliser encore plus via des après-midis de discussion autour du zéro-déchet, afin d’apprendre à réaliser ses propres cosmétiques et produits ménagés.

En 6 mois, Sasha a embauchés 3 salariés à tier-temps (des étudiantes). En 6 mois, de nouvelles boutiques avec le même concept ont vu le jour à Košice. Qui a dit que ce genre de magasin ne pouvait pas marcher ?

Vous pouvez visiter son site internet si vous le désirez, mais il n’est pas très fourni… Une bonne illustration du minimalisme que Sasha prône !

www.nakopke.sk

2019-07-27T16:13:03+00:00 31 juillet 2019|Economie durable, Environnement, Slovaquie, Social|