Cecilia, chef de projet, créatrice de l’association de production de courts-métrages et contes Cámara Mágica

C’est dans sa maison familiale sur les hauteurs de Santiago que Cecilia nous a chaleureusement reçu. Un après-midi durant, elle nous a raconté avec passion son parcours, ses ambitions, ses inspirations. Un récit inspirant d’une jeune femme qui, tout en combinant un travail à plein temps, a réussi à réaliser son rêve. Ce rêve porte le nom de Cámara Mágica, une association qui réalise et produit des courts-métrages animés ainsi que des contes illustrés pour les enfants et par les enfants. Promouvoir la culture et l’identité des pays à travers le récit d’enfants pour envoyer un message universel de tolérance : voici l’essence de Cámara Mágica.

Comment depuis l’identification de problématiques sociales est-il possible de faire évoluer son projet de vie ?

Son déclic, Cecilia l’a eu lors d’un séjour au Lac Titicaca. Elle s’est rendue sur l’île Amantani, à seulement quatre heures de la ville de Puno. Là, elle a découvert que les enfants n’avaient accès à l’école seulement 2 jours par semaine. Elle leur a donc posé la question “Mais que faites-vous le reste du temps ?”, ils lui ont répondu “On compte les vaches”. Mais l’île ne comportait pas plus de quatre vaches. Elle s’est dit qu’il fallait agir pour l’éducation de ces enfants. Elle a d’abord eu l’idée de leur acheter des livres, mais en quelle langue ? De quelle culture ? La question de la légitimité du choix de ces livres et donc du choix de leur éducation s’est alors posée. C’est grâce à cette réflexion que son idée est née : ce sont les enfants eux-même qui vont décider des histoires qu’ils veulent entendre. Et ce, à travers la réalisation de courts-métrages animés.

L’association Cámara Mágica a alors vu le jour avec un premier projet : partir à la rencontre des enfants de chaque région du Chili et leur faire réaliser des courts-métrages. De Santiago à un petit village au sud du Chili en passant par l’île de Pâques, de jolies productions en sont ressorties où Cecilia a pu remarquer une diversité culturelle entre chaque région. Un exemple assez parlant : dans les régions du Nord, près du désert d’Atacama, les couleurs qui ressortent sont dans les tons oranges et jaunes. Or, dans le sud, régions des lacs et forêt, les enfants penchent pour des couleurs dans les tons bleus et verts.

Voyageuse dans l’âme, elle a décidé de voir plus loin que son pays et est partie à la découverte de l’éducation en Asie et notamment en Inde. De l’autre côté de l’océan, elle a pu constater que les enfants n’avaient souvent pas accès à l’éducation et, pour la plupart, ne savaient pas lire. Mais Cecilia a surtout pris conscience que l’éducation dans son pays n’était pas non plus de qualité pour tout le monde. Au Chili, beaucoup de personnes sont analphabètes et n’ont jamais eu la chance de pouvoir ouvrir un livre. Cette dimension, Cámara Mágica ne la prenait pas en compte et c’est pourtant, selon Cecilia, la base de l’éducation.

Elle est donc retournée dans son pays natal avec l’idée d’enrichir son projet en produisant, en plus des courts-métrages, des contes avec les enfants. À travers ces deux productions, Cecilia souhaite offrir un moyen d’expression aux enfants en leur faisant raconter leurs propres histoires mais également exploiter le talent de chacun d’eux en les incluant dans la réalisation.

Le message de Cámara Mágica est un message de tolérance. De tolérance vis-à-vis des cultures, de l’identité de chacun. Savoir lire les différences culturelles pour être tolérant. Cecilia croit profondément qu’il n’y a rien de mieux qu’un enfant pour raconter sa propre histoire et inciter au respect des différences culturelles dans le monde.

Aujourd’hui, Cámara Mágica travaille avec de nombreuses organisations en charge d’enfants comme CreArte, qui promeut l’apprentissage à travers l’art, mais aussi avec des collèges. L’association a su également se développer en Uruguay et en Espagne dans le but de partager les récits dans une seule et même langue.

C’est en travaillant à plein temps comme chef de projet que Cecilia a monté en parallèle son association. Elle souhaiterait désormais se consacrer à 100% à cette dernière, et pour cela, cette passionnée ne manque pas d’idées. Afin de générer une source de financement, elle a pour ambition de commercialiser les contes réalisés par les enfants et ce, dans des lieux accueillant touristes et voyageurs. À cette source de revenus s’ajoute un impact social : pour chaque livre acheté, un livre sera offert à un enfant du pays en question. Cela permet d’introduire les livres dans l’environnement proche de l’enfant.

Pour aller plus loin

Plus de détails sur le site de Cámara Mágica et sur la page Facebook.

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2017-09-12T23:53:17+00:00 12 septembre 2017|Artistique, Chili, Non classé, Social|