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Claudia cofondatrice de FELD verein qui lutte contre le gaspillage alimentaire

Il y a 4 ans et demi, Claudia a démarré l’association Feld à Innsbruck dans le Tyrol Autrichien. En collectant de la nourriture invendue ou décrétée invendable, elles cuisinent des petits plats tout en luttant contre le gaspillage alimentaire.

Un besoin de développer un projet personnel

Après plusieurs années à jongler entre les jobs d’été de ferme en ferme et les jobs alimentaire l’hiver, Claudia et son amie Luzia ont voulu changer leur rythme de travail. Voulant toutes deux garder un pied dans les fermes l’été, il leur fallait trouver une activité l’hiver. Mais las de passer des entretiens entrer en concurrence avec d’autres candidats pour les même postes, elles ont décidé de lancer une activité ensemble… Mais quoi ?

Sans grandes ressources financières, elles ont vite réalisé qu’elles désiraient travailler avec de la récupération, avec des choses recyclables. « Nous avons pensé à différents domaines tels que l’architecture, l’occupation des espaces urbains, mais la notion de nourriture revenait toujours sur le tapis ». C’est ainsi qu’en décembre 2014 qu’elles ont monté le projet FELD : récupérer des denrées alimentaires invendues, et les retransformer en produits de consommation.

Ce projet s’inscrit pleinement dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, véritable fléau inhumain dans nos pays occidentaux où la société de consommation produit et jette des énormes quantités de nourriture.

Une péripétie d’étapes

Cela a d’abord commencé par de la récup’ de marchés en les retransformant en conserves (confitures, marmelades, chutneys…). Très vite, elles ont pu livrer -à vélo- des petites épiceries où vendre leurs conserves à prix libre. L’objectif étaient d’inviter les gens à goûter des mélanges audacieux et originaux (en fonction des produits qu’elles avaient à leur disposition).

Après un an, avec toujours plus de production, elles ont commencé une activité de préparation de soupes et de livraison à vélo pour les pauses déjeuners des travailleurs en ville.

Par le bouche à oreille, on leur a demandé si elles pouvaient cuisiner pour des événements comme celui auquel nous avons pu assister lors de notre passage à Innsbruck : le Street Noise Festival Strafiato.

C’est alors qu’elles ont fait l’objet d’un reportage à la télévision puis d’une donation qu’elles ont mis à profit pour développer des activités de sensibilisation au gaspillage alimentaire dans les écoles.

Toujours en quête de nouveautés, elles innovent avec leurs micro-événements « Dinner Deluxe » avec comme objectif de montrer que l’on peut faire de la bonne cuisine avec des produits de récup’.

Un réseau toujours grandissant

Petit à petit FELD s’est fait connaître dans le réseau local agro-alimentaire. Elles sont donc en collaboration principalement avec des producteurs de fruits et légumes, avec la ville d’Innsbruck qui leur permet de récolter les fruits d’arbres fruitiers en ville (que personne n’ose toucher), avec des jardins partagés qui ont parfois des produits à ne plus savoir quoi en faire, et même avec des particuliers très généreux. Elles disposent également d’un contrat avec un supermarché pour les invendus et les produits ayant dépassés les dates de péremptions.

Quelques chiffres pour se rendre compte du gaspillage alimentaire : leur fournisseur de carotte jette jusqu’à 400kg de carottes par an… une productrice de champignons en pleine saison peut jeter jusqu’à 100kg de champignons par semaine… une coopérative de pomme-de-terre peut jeter entre 20 et 25 tonnes de patates par an.

L’union fait la force !

Les fondatrices Claudia et Luzia ont désormais suffisamment d’expérience et ont fondé une coopérative FELDshafft en février 2019 où les anciens bénévoles de l’association ont rejoint le projet. En effet, c’est en unissant les personnes qui gravitent autour du projet que de nouvelles idées peuvent germerL’objectif est de professionnaliser leur activité, en consolidant les soupes à livrer et en intervenant de manière plus régulière sur des événements. Elles espèrent ainsi pouvoir se dégager un revenu pour ce qui n’était jusqu’à présent qu’un travail bénévole.

2019-06-13T13:20:03+00:00 13 juin 2019|Autriche, Economie durable, Environnement, Social|